Depuis la montée du phénomène de la mondialisation au cours des années 1990, on note une augmentation significative du nombre de personnes dont la fortune est estimée à plusieurs milliards de dollars. Celles-ci possédaient des entreprises œuvrant dans les domaines des industries du pétrole ou de la construction, en relation intime avec leurs gouvernements. Cela a duré deux décennies, pendant lesquelles l’augmentation de la richesse des riches a atteint des proportions vertigineuses.

Pourtant il semble depuis peu que l’ère du capitalisme sauvage soit en difficulté. Le gouvernement indien a mis la main, par exemple, sur l’empire Via Himalaya au bord de la faillite. Au Brésil, les autorités ont arrêté les propriétaires de la société Odebrecht, la plus grande entreprise de construction du pays, pour leur implication dans le scandale de la société pétrolière Petrobras appartenant à l’État. Un grand nombre de politiciens de différents partis ont participé à cette affaire, qui a conduit à la destitution de Dilma Rousseff de son poste de présidente de la République du Brésil. En Malaisie, la société d’investissement 1MDB (1Malaysia Devlopment Berhad) a été placée sous surveillance, accusée dans une affaire d’escroquerie internationale. Aux Philippines, Rodrigo Duterte est un Président millionnaire, qui s’est présenté à la magistrature suprême avec l’intention de convertir le système présidentiel en système féodal.

L’atmosphère ne convenait pas au capitalisme sauvage courant derrière les gros bénéfices. La plupart des prix des matières premières ont baissé, entraînant un déclin de la valeur des mines, de l’acier et des puits de pétrole. Les marchés émergents ont connu une baisse de leur produit intérieur brut et de la valeur de leur monnaie, pendant que stoppait la hausse du secteur de l’immobilier sur le continent asiatique.

En conséquence, la valeur moyenne de la richesse des milliardaires est tombée à 1,75 milliard de dollars, soit 16 % de moins qu’en 2014. Malgré ce ralentissement, il est trop tôt pour dire que le capitalisme sauvage va disparaître. En Amérique le grand milliardaire Donald Trump élu président des Etats-Unis a été classé au 104ème rang des hommes les plus riches du monde, pour sa possession d’établissements de jeu à Atlantic City et de biens immobiliers à New York.

Les grandes entreprises industrielles cherchent partout à travers le monde à dénicher des rentes lucratives, afin d’obtenir des rentrées d’argent provenant de la production, de la terre, des machines ou de l’extraction. Elles vivent ainsi des recettes de leurs rentes, et le profit qui s’en dégage leur fournit un gain bien supérieur à celui qu’elles obtiendraient en travaillant dans un marché concurrentiel. C’est ainsi que se forment les monopoles et les cartels, et que les sociétés fusionnent. Et tous entretiennent une relation solide avec l’État. A l’époque actuelle, les entreprises des secteurs des télécommunications, de l’immobilier ou de la construction, jouissent de grands bénéfices qu’elles ne méritent pas.

Le capitalisme sauvage à la poursuite de grands profits met à mal la confiance des citoyens dans leurs gouvernements, où règnent la corruption et les pots-de-vin. Ces entreprises choisissent également leurs lieux de production et de construction, qui doivent se mettre à leur disposition, empêchant les petits investisseurs de travailler. Les gouvernements devraient contrôler bien plus sévèrement les banques qui leur appartiennent. Les banques d’État en Inde, au Brésil, en Chine et ailleurs, ont consenti des prêts énormes à certains pays, qui par la suite sont devenus des dettes mortelles. Les gouvernements doivent également surveiller les capitaux des sociétés placés dans des pays considérés comme des paradis fiscaux (comme le Panama), utilisés pour se soustraire au paiement de leurs impôts.